festival des bords de vire

festival des bords de vire
festival des bords de vire

Sur la terre des ancêtres, dans les eaux du souvenir

Inspirée par l’œuvre emblématique de Robert Smithson, Spiral Jetty, Danièle Massu-Marie a d’abord pensé recycler ses expériences enfantines en travaillant cette forme courbe symbolisant l’évolution. Image du destin, la spirale induit un temps éternel, conjuguant deux mouvements contradictoires : « la rotation d’une part, l’expansion ou la contraction d’autre part »1. Renvoyant à l’infiniment petit, en son centre pour se déployer vers l’infiniment grand, elle est une « figure du mouvement figé »2. L’artiste native de la région a voulu « recréer une autre histoire »3 à partir d’un lieu où elle se rendait petite fille, en compagnie de ses parents venus pêcher en cet endroit. Habituée à intervenir in situ dans des espaces chargés de réminiscences, elle a fait évoluer ce projet mené avec son époux Maurice Massu-Marie pour le conformer à ses souvenirs et réactualiser un sentiment déjà vécu en lui donnant une forme nouvelle. La récupération est au cœur de leurs actions. Unissant les éléments, le couple a installé ses pièges à regard directement sur la Vire : nasses, filets, cloches à salade investissent un lieu visible en plusieurs points : sur le pont, une vision en surplomb favorise la perception de la composition générale : des cercles flottent selon le mouvement de l’eau et des courants ; sur la berge, des structures allongées, ovoïdes sont posées. Chacune d’entre elles défie la dialectique du plein et du vide. Le promeneur revit l’expérience de la fillette, témoin d’une partie de pêche. Danièle Massu-Marie a transmué la spirale en cercles répétés, gardant à l’esprit les ricochets qu’elle s’amusait à produire dans son enfance, affrontant la désapprobation du pêcheur de truites. A proximité des Roches de Ham, les deux artistes ont voulu accompagner le lieu sans rivaliser avec la nature. Ils ont inventé un moyen de sauver le passé de l’oubli pour en faire un présent. Leur double installation s’harmonise avec les coloris tendres et vifs déjà présents, dévoilant les rapports possibles entre apparition et disparition. L’un travaille plutôt le jour, l’autre en soirée. Leurs compositions se rejoignent par des points de convergence pour aboutir à une complémentarité des compositions, à l’instar du principe des aimants où les forces produisent l’attraction. Les productions d’atelier se rencontrent au final lors de leurs installations contrastées. Les artistes reçoivent les réactions des enfants, des personnes qui se remémorent leurs propres expériences sur ces rives. La modestie avec laquelle ils investissent le paysage est une invitation à modifier le regard que nous avons sur les objets du quotidien. Le projet est ludique, simple et démocratique, intergénérationnel.

1 Gérard Barrière, « La Spirale, nature et mysticisme, l’évolution vitale », Connaissance des arts n°278, avril 1975, p. 50.

2 Céline Flécheux, « La Spirale comme ornement entropique chez Robert Smithson », Paysage et ornement, Paris, Verdier, « art et architecture », 2005, p. 152.

 

3 Propos issus d’un entretien avec Danièle et Maurice Massu-Marie le 29 juin 2012.   

les nasses texte de Jacques Fauny
bio maurice Marie.pdf
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festival des bords de Vire / texte de Antoine Simon poète
D. et M. Massu-Marie.pdf
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                       video festival des bords de vire

    Variations sur la la ligne   

 

    Commencer par la ligne

    Noire

    Celle qui ne se continue pas

    Sauf à l'envers de la feuille

    Blanche

 

    La ligne est l'ascèse

    La partition d'une forêt de bambous

    Blanc sur blanc

    Quand le blanc n'est pas blanc

    

 

    La ligne est l'émotion

    D'une dentelle symphonique

    Une immédiateté

    Comme une envie de pleurer

 

    La ligne ferme la porte

 

 

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                                                             Isabelle Jabaud  ( le 09/07/2016)

                                                                             (exposition entretemps)

 

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